« Entretien avec un empire » est un concept basé sur une interview avec une personnalité dite « old-timer » du rap français. Aujourd’hui nous partons à la rencontre de Bams. Vivre ou Mourir, son premier album sorti en 1999, sonne comme un classique, la première expression d’une musique riche en influences et en constante évolution. L’inclassable Bams nous interpelle, nous surprend, nous bouscule aussi à travers ses quatre albums (Vivre ou Mourir, De ce Monde, On Partira et Dérèglement Climatique). Une artiste aux multiples facettes qui, à l’image de sa musique, mêle la douceur à l’engagement, la sagesse à la volonté, et incarne avec persévérance une grande liberté créatrice qui transcende tous les genres.

Une conversation inspirante d’un peu plus de 5 heures, un lundi soir sur une terrasse d'un café du 18ème parisien,  dont on a tenté de retranscrire l’essentiel ici. Entretien passionnant entre rap, punk et féminité…

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ReapHit : Commençons cet entretien en toute logique. Quel est ton premier contact avec le hip-hop ?

Bams : J’ai perdu un proche qui n’écoutait que du rap. En découvrant sa discographie, j’ai redécouvert son énergie, son univers, ce qui le rendait heureux. La musique, c’est la plus belle des compagnes, c’est le bijou, le manteau, des bottes, un pur sac, une pure maison… je pense que pour les vrais amateurs de musique, c’est une chose qui nous suit dans la vie. Elle nous suit dans nos transitions, nos évolutions.

Cette découverte coïncide avec mon arrivée sur Paris, je viens de la Celle-St-Cloud et les premiers amis que je me fais dans cette nouvelle vie m’emmènent dans mes premières soirées hip-hop. Je devais avoir 18 ans à l’époque.

Et là, je comprends tout ! Toute l’énergie qui se dégageait des disques, elle est visible… C’est la première fois que je vois autant de noirs et d’arabes réunis. Il y a des blancs aussi, mais de manière minoritaire. Je connais bien l’Afrique parce que j’y vais au moins deux fois par an, mais j’ai grandi dans une banlieue blanche, je viens du rock et du jazz, plutôt rock alternatif, punk, et dans ces soirées hip-hop je suis frappée par l’ambiance… Tout est ultra peace, tout est lumineux, il y a du feu dans les yeux, de l’amour dans le cœur, de la passion.

Depuis que je suis enfant, j’ai toujours fait les choses par passion, que ce soit les études, le sport, la musique aussi. J’avais un groupe de musique rock, j’écrivais et je chantais. Et comme je ne suis pas timide, plutôt bavarde et grande gueule, c’est assez simple pour moi de prendre le micro. Je n’ai aucune notion de rap, mais bon, je suis dans les mots.

 

C’est étonnant parce que dans ton album Vivre ou Mourir, on te sent complètement imprégnée de cette forme musicale et d’écriture, quel a été le petit déclic pour toi ? Qu’est ce qui t’a tant séduite ?

Le freestyle ! Cette liberté qui me rappelle le jazz. Et puis, ce que j’aime vraiment dans la culture hip-hop, c’est la performance. Il y a ce truc, où que tu sois, qui que tu sois, si tu déchires, tu déchires ! L’improvisation c’est jouissif, c’est prenant, c’est un saut en parachute. Et puis j'étais jeune, téméraire. C’est vraiment par goût du risque, du jeu, pour la recherche d’adrénaline et la passion des mots. J'étais ado et foncièrement rebelle, donc j’ai foncièrement eu envie de foutre le bordel ! J’avais plein de choses à dire. La jeunesse quoi…

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